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Hadiths et versets sur le mariage en islam : les références authentiques

Chercher un hadith sur le mariage mène vite à des listes de citations sans référence, où l’authentique côtoie le douteux. Cet article rassemble les principaux versets coraniques et hadiths relatifs au mariage en islam, chacun avec sa référence exacte et, lorsque c’est nécessaire, son degré d’authenticité. Il se termine par trois formules très répandues qui méritent d’être maniées avec précaution — c’est souvent la partie la plus utile.

Les versets du Coran sur le mariage

Le Coran aborde le mariage moins comme une règle que comme un signe et une finalité. Quatre versets reviennent constamment dans les ouvrages consacrés au sujet.

La tranquillité, l’affection et la miséricorde (30:21) — le verset le plus cité, et celui qui donne au mariage son horizon :

« Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles, et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. » (Coran, 30:21)

Les trois mots arabes de ce verset — sakîna (la tranquillité), mawadda (l’affection) et rahma (la miséricorde) — sont souvent commentés ensemble : la première est l’état recherché, les deux autres sont ce qui le rend possible dans la durée.

L’encouragement à marier les célibataires (24:32) :

« Mariez les célibataires d’entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves, hommes et femmes. S’ils sont pauvres, Allah les rendra riches par Sa grâce. Car la grâce d’Allah est immense et Il est Omniscient. » (Coran, 24:32)

Ce verset est régulièrement invoqué face à l’objection matérielle — « je n’ai pas encore les moyens ». Il n’annule évidemment pas la responsabilité de se préparer, mais il replace la crainte du manque à sa juste place.

Le vêtement réciproque (2:187) : « Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles. » L’image dit à la fois la protection, la proximité et l’égale dignité des deux époux, et elle est réversible — chacun est le vêtement de l’autre.

Le bon comportement (4:19) : « Et comportez-vous convenablement envers elles. Si vous avez de l’aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose où Allah a déposé un grand bien. » Ce verset est l’un des rares à traiter explicitement du moment où le sentiment n’y est plus.

On peut y ajouter l’invocation de la sourate al-Furqân (25:74), fréquemment reprise : « Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous des guides pour les pieux. »

Les hadiths sur le mérite du mariage

Deux hadiths dominent ce chapitre, tous deux d’authenticité incontestée.

Le hadith des jeunes gens, rapporté par al-Bukhari (n° 5065) et Muslim (n° 1400) :

« Ô jeunes gens ! Que celui d’entre vous qui en a les moyens se marie, car cela incite davantage à baisser le regard et préserve mieux la chasteté. Et que celui qui ne le peut pas jeûne, car le jeûne est pour lui une protection. »

Ce texte est important pour ce qu’il dit et pour ce qu’il ne dit pas : il conditionne l’appel au mariage à la capacité d’en assumer les charges, et propose une alternative concrète à qui ne l’a pas encore. Ce n’est pas une injonction inconditionnelle.

Le mariage comme voie prophétique, rapporté par al-Bukhari (n° 5063) et Muslim (n° 1401) : le Prophète (paix et bénédictions sur lui) rappelle qu’il jeûne et rompt le jeûne, prie et dort, et épouse des femmes, avant de conclure : « quiconque se détourne de ma voie n’est pas des miens ». Le contexte du hadith est un excès d’ascétisme : trois hommes voulaient renoncer au mariage et au sommeil pour se consacrer entièrement à l’adoration. Le hadith vise ce renoncement-là, pas le célibat subi.

Cette distinction compte, parce que ces textes sont parfois utilisés pour culpabiliser des personnes qui ne se sont pas mariées faute d’avoir trouvé, non par refus. Les savants distinguent nettement les deux situations.

Les hadiths sur le choix du conjoint

Le hadith des quatre critères, rapporté par al-Bukhari (n° 5090) et Muslim (n° 1466) :

« La femme est épousée pour quatre raisons : pour sa richesse, pour son lignage, pour sa beauté et pour sa religion. Choisis celle qui a la religion, tu ne le regretteras pas. »

Le hadith ne condamne pas les trois autres critères : il décrit ce qui se pratique, puis oriente vers celui qui dure. Nous développons cette lecture dans notre article sur ce qu’est une femme pieuse en islam.

Le pendant, adressé aux tuteurs, rapporté par at-Tirmidhi (n° 1084) : « Lorsque vient à vous celui dont vous agréez la religion et le caractère, mariez-le. Sinon, ce sera une grande épreuve sur terre et une grande corruption. » Deux critères y sont posés — la religion et le caractère — et l’association des deux est significative : la pratique religieuse sans le comportement ne suffit pas. Ce hadith est aussi celui qui fonde ce qu’un wali peut légitimement opposer à une demande.

Le hadith de la jouissance du monde, rapporté par Muslim (n° 1467) : « Le monde n’est que jouissance éphémère, et la meilleure jouissance du monde est une épouse vertueuse. »

Les hadiths sur le comportement dans le mariage

C’est le chapitre le moins cité, et sans doute le plus exigeant.

  • « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur envers sa famille, et je suis le meilleur d’entre vous envers ma famille » (at-Tirmidhi, n° 3895, authentique).
  • « Qu’un croyant ne déteste pas une croyante : s’il lui déplaît un trait de caractère, un autre lui plaira » (Muslim, n° 1469).
  • « Traitez bien les femmes » — recommandation du sermon d’adieu, rapportée par Muslim (n° 1218).
  • « Annoncez ce mariage » (at-Tirmidhi, n° 1089), qui fonde la publicité de l’union et, avec d’autres textes, la sunna du mariage.

Trois formules très répandues, à manier avec prudence

Certaines phrases circulent largement sans que leur statut soit précisé. En voici trois, car les citer sans nuance revient à faire dire à la religion ce qu’elle ne dit pas exactement.

« Le mariage est la moitié de la religion »

La formulation courante n’est pas celle du hadith. Le texte rapporté est : « Lorsque le serviteur se marie, il a complété la moitié de sa religion ; qu’il craigne donc Allah pour l’autre moitié » (al-Bayhaqi, Shu’ab al-Iman). Son statut est discuté : al-Albani le tient pour recevable (Sahih at-Targhib, n° 1916), par le renfort de chaînes parallèles, tandis qu’Ibn Hajar, al-‘Iraqi et Ibn al-Jawzi l’ont jugé faible pris isolément. On peut donc le mentionner, mais en signalant cette divergence — et surtout sans en tirer l’idée qu’une personne non mariée serait à moitié croyante. Les commentateurs classiques en donnent une lecture précise : le mariage protège d’une catégorie de tentations, il ne divise pas la foi en deux.

« Il n’y a pas de moinerie en islam »

La formule résume correctement l’esprit du hadith d’al-Bukhari cité plus haut, mais elle n’est pas elle-même un hadith au sens strict, et elle est souvent employée pour disqualifier un célibat qui n’a rien d’un choix ascétique. Le texte vise le renoncement volontaire au mariage par excès de dévotion, pas la personne qui n’a pas encore trouvé.

« Mariez-vous et multipliez-vous, je serai fier de votre nombre »

Ce hadith existe (rapporté notamment par Abu Dawud et an-Nasa’i, avec des versions variées) et il est retenu comme recevable par plusieurs savants. Mais il est fréquemment cité en isolant la seule question du nombre d’enfants, alors que la version complète mentionne d’abord le caractère aimant de l’épouse. Le déséquilibre de citation change le sens.

Cette précaution vaut plus généralement : un texte religieux se cite avec sa référence (recueil et numéro), et si son authenticité est discutée, avec cette mention. C’est ce qui distingue une transmission d’une opinion.

Ce que ces textes disent ensemble

Lus les uns après les autres, ces versets et hadiths dessinent une cohérence qu’on perd quand on les prend isolément. Le mariage y est présenté comme un bien recommandé et non comme une obligation absolue ; il est conditionné à une capacité, celle d’assumer ce qu’il engage ; son critère de choix principal est la religion associée au caractère, pas l’apparence ni le statut ; et sa réussite se juge au comportement quotidien, pas à la cérémonie.

C’est aussi pourquoi ces textes se lisent mal comme une checklist. Ils décrivent une direction, et laissent à chacun le travail de discernement sur sa propre situation — travail qui est au cœur de toute préparation au mariage en islam.

Questions fréquentes

Quel est le hadith le plus connu sur le mariage ?

Le hadith dit « des jeunes gens », rapporté par al-Bukhari (n° 5065) et Muslim (n° 1400) : « Ô jeunes gens ! Que celui d’entre vous qui en a les moyens se marie… » Il est le plus cité parce qu’il énonce à la fois l’encouragement, sa condition (en avoir les moyens) et l’alternative pour qui ne l’a pas encore (le jeûne).

Quel verset du Coran parle du mariage ?

Le verset 30:21 de la sourate ar-Rum est la référence principale : il présente le couple comme un signe divin et mentionne la tranquillité, l’affection et la miséricorde. On cite aussi couramment le verset 24:32 (l’encouragement à marier les célibataires) et le verset 2:187 (« elles sont un vêtement pour vous »).

Le mariage est-il vraiment la moitié de la religion ?

La formule vient d’un hadith dont la formulation exacte est « lorsque le serviteur se marie, il a complété la moitié de sa religion ». Son authenticité est discutée : recevable pour al-Albani, faible pour Ibn Hajar et al-‘Iraqi. Les savants qui le retiennent l’expliquent par la protection que le mariage offre face à une catégorie de tentations — non par l’idée qu’un célibataire serait à moitié croyant.

Le mariage est-il obligatoire en islam ?

La majorité des savants le classent comme fortement recommandé plutôt qu’obligatoire, son statut variant selon la situation de la personne : il peut devenir obligatoire pour qui craint de tomber dans l’interdit et en a les moyens, et déconseillé pour qui ne peut assumer ni les charges ni les droits du conjoint. Pour votre cas personnel, l’avis d’un savant reste la référence.

Comment vérifier qu’un hadith sur le mariage est authentique ?

Un hadith se cite toujours avec son recueil et son numéro (al-Bukhari, Muslim, Abu Dawud, at-Tirmidhi…). Les hadiths de Bukhari et Muslim sont authentiques par consensus. Pour les autres recueils, le degré d’authenticité doit être précisé, car ils contiennent des chaînes de transmission de valeur inégale. Une citation sans référence n’est pas vérifiable, et c’est le premier signal d’alerte.

En résumé

Les textes fondateurs sur le mariage sont peu nombreux et convergents : le verset 30:21 pour sa finalité, le hadith des jeunes gens pour son mérite et sa condition, le hadith des quatre critères pour le choix du conjoint. Le reste relève du comportement quotidien, qui occupe dans la sunna plus de place que la cérémonie.

Reste la règle de méthode, qui vaut pour tout ce chapitre : citer avec la référence, et signaler ce qui est discuté. Sur les cas particuliers, l’avis d’un savant demeure indispensable.

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